Pour notre second article de notre série « Que sont-ils devenus ? », nous avons eu la chance d’interroger Grégoire Fredet, Secrétaire Général du mandat 2012. Il est aujourd’hui basé à Abidjan où il travaille comme chargé d’affaires pour PROPARCO, la filiale de l’Agence Française de Développement dédiée au financement du secteur privé dans les pays du Sud.

Les anciens de l'école

Bonjour Grégoire, tu es un ancien de la JE…

Oui, je faisais partie du mandat 2012 de la Junior Entreprise. J’occupais le poste de Secrétaire Général. Contraint de rester à Ecully pour terminer mon parcours de droit, j’ai eu la chance de pouvoir prolonger de 6 mois mon expérience au sein de la JE. Cela m’a permis de finaliser les missions toujours en cours à la fin de mon mandat.

Que fais-tu aujourd’hui ?

Je suis un très jeune diplômé. En fait, j’occupe depuis 6 mois mon premier « vrai » poste! Je suis chargé d’affaires Afrique de l’Ouest pour PROPARCO, la filiale de l’Agence Française de Développement (AFD) dédiée au financement du secteur privé dans les pays en développement.

J’habite à Abidjan et réalise régulièrement des missions dans les autres pays de la sous-région comme le Sénégal, le Mali, le Ghana… Nous couvrons 14 pays (zone CEDEAO hors Nigéria) depuis le bureau ivoirien. La mission de PROPARCO est de « participer au financement d’un secteur privé fort, dynamique et innovant dans les économies du Sud ». Nous croyons au développement économique et social par l’émergence d’un secteur privé solide, capable de générer de la richesse et des emplois dans ces pays. Bien que nous soyons présents dans une soixantaine de pays en développement à travers le monde, notre intervention est particulièrement focalisée sur le continent africain où nous avons 6 bureaux régionaux et réalisons 50% de nos nouveaux engagements par an (environ 500 M EUR).

Tout en respectant le principe de subsidiarité et d’additionnalité par rapport aux banques locales et aux fonds d’investissement actifs dans les régions d’intervention, nous proposons aux entreprises deux grandes familles d’outils : les prêts à long terme d’un montant supérieur à 5 millions d’euros et les prises de participation. Pour finir, PROPARCO n’a pas de mandat sectoriel. Nous pouvons aussi bien investir dans le secteur agro-industriel, dans le secteur bancaire mais aussi dans le secteur de la santé ou de l’éducation.

Comment en es-tu arrivé là ?

J’ai intégré l’EMLYON Business School en 2010. Comme tout le monde, je suis d’abord resté 10 mois à Ecully. Puis s’est posée la question de la mission Bachelor. J’ai eu la chance de pouvoir rejoindre les équipes de Nestlé Kenya à Nairobi où j’ai surtout travaillé sur les problématiques de distribution et d’accès au marché. La mission ressemblait beaucoup à celle d’un consultant lâché dans une entreprise pour répondre à une problématique d’un client. Doté d’un bagage technique équivalent à celui d’un étudiant en première année d’ESC, je m’en suis plutôt bien sorti grâce aux missions que j’avais pu réaliser comme enquêteurs pour la JE ou dans le cadre de formations réalisées par le mandat 2010. La manière de construire un guide d’entretien par exemple, c’était quelque chose à laquelle j’étais familier grâce à une formation JE.

Je suis ensuite rentré à Ecully, pour commencer mon mandat JE en 2012. Cela a duré un an et demi, dont un an comme Secrétaire Général. En parallèle de cela, je préparais ma Licence de droit, dans le cadre du partenariat avec l’Université Lumières Lyon II, que j’ai obtenue en juin 2013.

En juillet de la même année, je suis enfin parti en stage de césure : destination Dakar, comme Consultant pour le groupe Performances, leader dans l’élaboration de plan national de développement économique en Afrique Francophone. Le cabinet a, par exemple, participé à la rédaction du plan stratégique émergent du Sénégal, en partenariat avec le gouvernement sénégalais ; c’est un document qui dote le pays d’une vision et d’un plan d’actions pour parvenir à l’émergence d’ici 2020. Dans le cadre de missions similaires, j’ai eu la chance de découvrir le Cameroun et la Guinée Equatoriale.

6 mois plus tard, j’ai décidé de boucler mon cursus au Maroc. Tout d’abord par 6 mois d’échange universitaire à Al AKHAWAYN University, situé dans la ville d’Ifrane, dans la région du Moyen Atlas ; puis par 6 mois de stage de fin d’étude dans la banque d’affaires Ascent Capital Partners à Casablanca.

En résumé un parcours franco-africain que je ne regrette vraiment pas!

C’est donc l’Afrique qui te branche ?

Pour être honnête, je suis tombé dedans complétement par hasard. Je n’avais aucun passé en commun avec ce continent. Dans le cadre de la mission Bachelor, je me suis dit que j’avais envie de vivre une expérience que je n’aurais peut-être plus l’occasion de vivre par la suite. J’avais aussi la possibilité de partir à Hong Kong dans une entreprise moins reconnue mais le choix de Nestlé et du Kenya est apparu comme une évidence. Je ne me suis pas vraiment posé plus de questions et je suis monté dans l’avion. 4 ans après, je suis toujours sur ce continent. Après Nairobi, je me suis rendu compte des opportunités magnifiques qu’offraient ce continent. Travailler dans ces pays permet un apprentissage accéléré à travers une autonomie et un niveau de responsabilité renforcé.

Pour éviter de trop me disperser, j’ai alors décidé de développer une certaine expertise continentale mais de multiplier les expériences métiers lors de mes stages.

Quelles sont les raisons qui t’ont poussées à postuler à la JE en 2010 ?

Je dirais qu’il il y en a deux.

Tout d’abord, j’avais envie de mettre un pied dans le monde professionnel, et cela rapidement après avoir intégré l’EMLYON. Après 2 ans de classe prépa, nous avons beaucoup réfléchis, certes, mais nous ne sommes pas vraiment familiers avec le monde du travail. J’avais envie de faire quelque chose de concret, d’utile : rencontrer des clients, réfléchir à des problématiques différentes selon les entrepreneurs et les secteurs d’activité, cela répondait bien à ce que je recherchais. La JE est un accélérateur incontestable dans le cadre de la formation des étudiants.

La seconde raison est certainement liée au prestige de l’association. Cela s’explique d’une part par son processus de sélection et d’autre part par le contenu même de la mission d’une JE. En 2010, lorsque j’ai voulu intégrer la JE, nous étions une centaine de candidats pour 20 places de chef de projet. C’est la seule association pour laquelle on doit passer des entretiens professionnels dans le cadre du recrutement. Nous étions fiers de faire partie de la JE car elle est aussi la seule association dont le cœur d’activité est de réaliser des missions pour de véritables entreprises. Ça n’est pas pour de faux ! Les entrepreneurs viennent nous voir avec de réelles problématiques pour leur société et il convient au jeune entrepreneur d’y répondre le plus sérieusement possible, d’autant plus qu’ils paient pour ces missions. La JE est souvent reconnue comme l’association sérieuse – les mauvaises langues diront ennuyantes – des écoles de commerce et c’est bien normal : intégrer la JE c’est aussi accepter de faire quelques sacrifices pour répondre dans les temps aux besoins du client. Il y a quand même des objectifs de résultats financiers, de nombres de missions à réaliser,… Et cela aussi participe au prestige de cette association.

Peux-tu me donner les grands projets et grandes réussites de ton mandat ?

Avec du recul, je retiens trois grandes réussites du mandat 2012. Il y en peut-être d’autres qui ont été importantes, mais celles-ci me semblent les principales.

Tout d’abord, notre Junior avait perdu son Label de « Junior Entreprise » suite à l’audit CNJE de novembre 2011. On avait donc un cahier des charges pour redevenir une « Junior Entreprise » et non plus une « Junior Initiative ». Nous nous étions fixés pour objectif principal du mandat de redonner sa place à la Junior de l’EMLYON parmi les Juniors Entreprises du réseau. Nous nous sommes donc engagés dans une course contre la montre pendant 10 mois. Pour réaliser cet objectif plusieurs mesures ont été prises mais la principale a été de créer un poste de responsable qualité. Tout le mandat, de la présidence en passant par le pôle communication, la trésorerie… et bien sûr les responsables qualité s’est senti concerné par cet objectif. En novembre 2012, nous sommes devenus de nouveau une JE. Tout le monde a fourni un travail exceptionnel.

Le second projet que je retiens, ce sont les travaux réalisés dans le local. Au cours de l’été 2012, nous nous sommes chacun mobilisés pour repeindre les murs du local, poser du parquet et se débarrasser des meubles trop anciens de la JE. En septembre 2012, nous avions un local flambant neuf – ou presque.

Pour terminer, je dirai que ce mandat a été une réussite d’un point de vue associatif. Nous sommes restés soudés du mois de janvier à la fin du mandat. Bien sûr, comme dans toutes les associations, il y avait des moments de démotivation mais nous avons pu compter sur un noyau dur stable tout au long de l’année. Mon poste de SG me permettait d’avoir une vue d’ensemble sur l’activité de chaque chef de projet. Il était très rare que je ne trouve personne pour reprendre une étude lorsqu’il fallait attribuer un contact client ! Il nous tenait aussi à cœur de « déringardiser » la JE, et de s’impliquer dans la vie associative de l’EM. En participant au bol d’Air ou au Wei par exemple, nous avons fait beaucoup de bruit. C’est une asso’ très pro, certes, mais qui reste avant tout une asso’ dans laquelle nous devions nous amuser et prendre du plaisir.

Est-ce que ton mandat à la Junior Entreprise a influencé tes choix de carrière ?

A mon avis, quand tu intègres l’EMLYON après deux ans de classe prépa, tu n ‘as pas une idée précise de ce que tu vas faire par la suite. En fait, tu n’as pas encore une idée précise de ce qu’est le monde du travail. Je pense que de même, il n’y a pas forcément de lien entre le fait d’intégrer la JE et le fait de vouloir faire du conseil plus tard. Certains chefs de projet de mon mandat font aujourd’hui du conseil, c’est vrai. Mais la majorité du mandat ne sont pas des consultants. Je pense en revanche qu’intégrer la JE te donne les outils utiles dans n’importe quel métier, que tu sois chef de produit, contrôleur de gestion ou analyste M&A. Plus que dicter tes choix de carrière donc, je pense que cela te permet de mieux t’armer pour bien débuter tes premiers stages.

Je ne pense pas que mon mandat JE a influencé mes choix de stage par la suite. Je pense en revanche que mon mandat m’a permis de mieux travailler et plus rapidement lors de mes premières expériences professionnelles – je suis convaincu que les outils et la manière de résoudre une problématique d’un consultant sont utiles dans tous les métiers.

Un petit mot pour le mandat actuel et les mandats futurs ?

Eclatez-vous ! Comme je vous l’ai dit plus tôt, cette association est une association professionnelle, mais elle est aussi très humaine. C’est une aventure super, à mi-chemin entre le monde du travail et la vie associative. J’ai pu apprécier ces deux aspects lors de mon mandat, et même si il y a eu des moments plus compliqués, nous avons passé une année fantastique ensemble, entre missions et évènements associatifs.

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