Pour le premier article de notre « Que sont-ils devenus? », nous avons eu la chance d’interroger Bruno Tallent, ancien de EMLYON Junior Conseil. Il est aujourd’hui vice-président de TBWA et président de l’une des agences du groupe, BEING, qu’il a créée en 2010.

Les anciens de l'école

 

 

 

 

 

 

 

 

1. Vous êtes un ancien de EMLYON Junior Conseil. En quelle année étiez-vous en mandat et quel poste occupiez-vous ?

Je suis rentré en mandat à la Junior-Entreprise au cours de ma troisième année à l’EM, donc en 1987. J’étais président de la JE.

2. Pour quelles raisons avez-vous intégré EMLJC ? Qu’est ce qui vous attirait dans cette association ?

J’ai toujours voulu faire du conseil. Durant ma première année à l’EM, j’ai fait le BDE, mais je connaissais aussi la Junior-Entreprise, et j’avais très envie de faire cette association en troisième année pour avoir des missions de conseil, notamment en marketing car c’est ce qui m’intéressait le plus. J’étais attiré par le fait de mener des projets, de réaliser des missions et d’avoir cette fonction de consultant. J’avais déjà été enquêteur sur des missions. Cette expérience m’a intéressé et incité à faire la JE.

3. Quelles ont été les difficultés rencontrées au cours de votre mandat ?

Au cours de mon mandat, s’est tenu un débat important avec l’URSSAF. Plusieurs Junior-Entreprises de France ont été attaquées, et nous en avons malheureusement fait partie. Il nous était reproché de faire de l’emploi déguisé, de payer des enquêteurs sans payer l’URSSAF. Nous avons donc dû prendre des conseils juridiques, prendre un avocat, et gérer ce conflit, en échangeant régulièrement avec la structure nationale des JE. Mais c’était une expérience intéressante, qui nous a vraiment appris à manager des situations délicates.
De plus, contrairement à certaines autres associations étudiantes, la Junior-Entreprise impose d’énormes responsabilités. Nous devons réellement gérer une petite entreprise, avec tout ce que cela impose : payer des personnes, sortir un bilan comptable tous les ans, mais aussi gérer une équipe de 12 Chefs de Projet avec les rivalités qu’il peut y avoir entre eux.
Enfin, une autre difficulté, commune à tous les mandats de Junior-Entreprise, est bien sûr de trouver et réaliser des missions. Bien souvent en arrivant à la JE on découvre la prospection commerciale. Il faut se lancer. Puis, une fois la mission trouvée, il faut rédiger une proposition commerciale, élaborer un budget… Et cela sans aide ni formation préalable, car il n’y avait pas de passation à l’époque.

4. Quelles ont été vos plus grandes réussites durant votre mandat ?

L’une des grandes réussites de notre mandat a été la Junior Agence, une agence de publicité, filiale de la Junior-Entreprise. Nous nous sommes rapprochés d’Avenue Bélier (filiale d’Havas), une grande agence de pub à Lyon à l’époque. Après avoir établi un partenariat avec les responsables de cette agence, nous avons développé un produit d’audit d’image des marques : le Diagnostic Image Entreprise (DIE). Grâce à une importante campagne de communication en association avec Avenue Bélier, notre produit a été relayé dans de nombreux medias tels que Lyon Figaro, Le Progrès ou encore Lyon Libération. Cela nous a permis de réaliser plusieurs missions d’audit d’image dont une pour un grand groupe hôtelier propriétaire de trois hôtels à Lyon, dont l’hôtel des Beaux arts et l’Hôtel Royal.

Une autre réussite du mandat a été la participation à une compétition dans le cadre d’un congrès national organisé par la CNJE à La Villette à Paris. L’originalité était que chaque président de Junior-Entreprise devait se mettre en binôme avec un patron d’entreprise de son choix et participer à deux types d’épreuves, l’une basée sur la stratégie d’entreprise et l’autre à caractère purement sportif . J’avais eu la chance de pouvoir y participer avec le PDG de Lafuma, Philipe Joffard.

Enfin, dans le cadre de la JE, nous organisions des radioscopies où des personnalités étaient invitées pour parler de certains sujets. Dans le cadre de la Junior Agence, nous avions lancé un sujet sur la publicité et invité Jean-Marie Dru, fondateur de BDDP, et aujourd’hui Chairman de TBWA Worldwide. Une deuxième radioscopie a été réalisée sur le débat de la publicité politique. A cette occasion, nous avions effectué un sondage en Rhône Alpes avec pour question « pour ou contre la publicité politique ? ». Les résultats du sondage on été présentés au cours d’un grand débat organisé dans l’auditorium de l’école. Arlette Chabot, ancienne chef du service politique sur TF1, animait le débat. Pour l’occasion, nous avions invité Alain Bouldouyre, le patron créatif d’Avenue Bélier, Jean-Marc Lech, co-fondateur d’IPSOS, ainsi que quelques autres experts de la communication politique.

La dernière grande fierté du mandat a été le prix d’excellence de la CNJE en 1988, que la JE, qui s’appelait encore à l’époque ESC Lyon Junior Conseil, a reçu grâce entre autre à notre exercice.

5. Que faites-vous actuellement et quel a été votre parcours pour y arriver ?

Après avoir été diplômé par l’école, j’ai fait un troisième cycle de pub à Paris. Lorsque j’ai dû effectuer un stage dans la publicité, j’ai contacté Jean-Marie Dru, le fondateur de BDDP que j’avais rencontré dans le cadre de la Junior-Entreprise. Il m’a pris en stage dans son agence, et tout a démarré ainsi. Je suis resté 6 ans dans cette agence. Puis j’ai travaillé 4 ans dans l’une des agences d’Havas, où je me suis occupé du compte d’Air France dans le monde. Ensuite j’ai créé un cabinet de conseil en stratégie de marque, pendant deux ans, puis je suis retourné en 2000 chez BDDP, qui aujourd’hui s’appelle TBWA. J’y suis maintenant depuis 15 ans, je suis vice-président du groupe et président de l’une des agences du groupe, BEING, que j’ai créée en 2010.

6. En quoi votre expérience au sein de EMLJC vous a-t-elle aidé dans votre parcours ?

Tout d’abord, la Junior-Entreprise m’a donné l’opportunité de rencontrer de nombreuses personnes, dans de nombreux secteurs d’activités, et notamment Jean-Marie Dru, qui m’a offert mon premier stage dans la publicité et m’a permis de lancer ma carrière.
Dans nos métiers, beaucoup de personnes se posent une question récurrente : veut-on être côté annonceur ou côté agence. Pour moi la question ne s’est jamais posée. Je savais que je voulais être en conseil, changer de projet régulièrement, et avoir cette position de consultant. Tout cela je l’ai appris en grande partie en Junior-Entreprise. La JE apprend vraiment à passer d’un projet à un autre, mener plusieurs projets de front, travailler dans divers secteurs d’activité en même temps. Cette gymnastique d’esprit, je l’ai découverte en Junior-Entreprise, et c’est ce qui rythme mon métier depuis maintenant 20 ans.

7. Quels sont vos principaux atouts aujourd’hui en tant qu’ancien Junior Entrepreneur ?

Les premiers atouts sont directement liés à l’activité exercée en Junior-Entreprise : travailler en mode projet, savoir établir un budget, rechercher un projet, savoir le vendre.
Autre atout important : savoir travailler en équipe. En tant que président, j’ai dû manager une équipe de 12 Chefs de Projet, gérer et même arbitrer les conflits. J’ai aussi dû faire des choix et les assumer. Cette expérience m’a beaucoup apporté.

8. Auriez-vous un ou des conseils à donner aux mandats actuel et futurs de EMLJC ?

Un premier conseil tout d’abord aux personnes hésitant à entrer dans une Junior-Entreprise : lancez-vous ! C’est en effet un moyen encore plus intéressant que les stages de mettre en pratique ce que l’on apprend à l’école.
Aux Chefs de Projet en mandat et en formation, n’hésitez pas à élargir vos frontières, réalisez des missions sur Paris et dans les autres grandes villes. Faites aussi marcher le réseau des anciens de la JE. Cela pourra vous permettre de développer des missions dans des secteurs auxquels vous ne pensez pas.
Par ailleurs, aujourd’hui avec les nouvelles technologies, c’est une force d’avoir 20 ans plutôt que 40. Vous pouvez vraiment vendre votre expertise dans ce domaine.
Enfin, vous pouvez aussi envisager l’international. Vous avez la possibilité d’aider des PME qui n’auraient pas toutes les compétences linguistiques nécessaires, et ne seraient pas assez ouvertes sur le monde pour développer des benchmarks. Soyez ambitieux !

 

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